L’Esports Nations Cup 2026 : une compétition historique
L’Esports Nations Cup (ENC) est le nouveau rendez-vous majeur du sport électronique mondial. Organisée à Riyad du 2 au 29 novembre 2026, cette compétition inédite réunira près de 120 nations sur 16 jeux différents, dont League of Legends, VALORANT, Rocket League, Counter-Strike 2 ou encore EA Sports FC.
Portée par l’Esports World Cup Foundation (Arabie Saoudite), l’ENC ambitionne de devenir l’alternative tant attendue aux Jeux Olympiques pour l’esport — un projet que la communauté réclame depuis des années. Le format est simple : chaque pays envoie une délégation nationale composée de ses meilleurs joueurs, encadrée par un organisme représentatif local.
Pour la plupart des pays, le processus de candidature s’est déroulé sans accroc. Un dossier unique, porté par les acteurs locaux du milieu. Mais en France, rien ne se passe jamais comme prévu.
France : la guerre des candidatures
Tout a commencé début février 2026, lorsqu’Emmanuel Macron, dans une interview à Brut, a d’abord associé la violence chez les jeunes aux jeux vidéo — avant de rétropédaler en affirmant soutenir la création d’une équipe de France pour « une compétition mondiale ». Le président a même cité nommément Karmine Corp, Vitality et Gentle Mates.
Cette déclaration a ouvert la boîte de Pandore. Deux candidatures concurrentes se sont rapidement formées :
L’UFCEP et les clubs pros
L’Union Française des Clubs d’Esport Professionnels (UFCEP), présidée par Nicolas Maurer (fondateur de Vitality), regroupe les plus gros clubs français : Karmine Corp, Vitality, Gentle Mates et d’autres. Leur argument : ce sont eux qui ont les joueurs, l’expertise sportive, et le réseau. Ils se sont alliés avec N.E.O. (New Esports Org) pour le volet commercial et marketing.
« On ne voulait pas qu’un tiers parti fasse la sélection. On veut faire ce qu’il y a de mieux pour l’équipe de France, sur le plan sportif et sur le plan marketing », a déclaré Nicolas Maurer à L’Équipe.
France Esports et l’approche institutionnelle
France Esports, l’association qui représente (de façon contestée) le secteur auprès des institutions, a déposé sa propre candidature. Son nouveau président Frédérick Gau (fondateur de Gozulting) défend une approche plus inclusive, embarquant l’Union des Clubs Amateurs, Women in Games et surtout le SELL (syndicat des éditeurs de jeux vidéo), un acteur incontournable puisqu’il représente les éditeurs de tous les jeux à l’ENC.
Le retrait surprise de l’UFCEP
Coup de théâtre le 19 mars 2026 : l’UFCEP annonce retirer sa candidature. Dans un communiqué, les clubs évoquent un « désaccord profond sur les modalités de sélection et la gouvernance du projet ». Les discussions n’ont pas abouti à un alignement, et l’UFCEP a préféré se retirer plutôt que de compromettre sa vision.
Ce retrait ne signifie pas un blocage des joueurs — l’UFCEP a précisé que la participation des joueurs « pourra naturellement s’envisager dans d’autres cadres ». Mais il laisse France Esports en position de représenter la France, tout en soulignant les fractures profondes de l’écosystème.
N.E.O. : le nouveau poids lourd de l’esport français
Au milieu de ce bras de fer, une nouvelle entité a émergé : N.E.O. (New Esports Org), fondée par deux figures historiques du secteur :
- Bertrand Amar, ex-directeur esport de Webedia
- Matthieu Dallon, cofondateur de l’ESWC dans les années 2000
N.E.O. ne se limite pas à l’ENC. Dès 2026, l’entreprise organise ou co-organise plusieurs événements majeurs :
- EVO France (Nice, 9-11 octobre) — le plus grand événement FGC mondial
- EMEA Masters de League of Legends — avec Riot Games
- Game Changers LoL — la compétition féminine européenne
- EVA Pro League — première ligue pro d’esport en VR
- Plusieurs opérations Rocket League avec BLAST
N.E.O. est également en charge de la distribution média de l’Esports Nations Cup, avec l’ambition de travailler avec un diffuseur de premier plan. Une position stratégique qui en dit long sur le poids croissant de cette structure.
Game One renaît : David Neichel aux commandes
Autre signal fort pour l’écosystème : Game One revient. Fermée fin 2025 par Paramount Skydance dans le cadre d’une restructuration, la chaîne culte du jeu vidéo français (27 ans d’existence) sera relancée en septembre 2026.
Le projet de reprise est piloté par David Neichel, ancien PDG d’ESL Gaming, accompagné d’investisseurs français. Le plan :
- Diffusion multiplateforme : linéaire, streaming et digital
- Équipes historiques rappelées, dont Julien Tellouck (qui a confirmé l’info)
- ADN conservé : tech, gaming, manga
- Possible changement de nom (Paramount détient toujours la marque)
Ce qui est intéressant, c’est le profil de Neichel. Ancien patron d’ESL Gaming — le plus gros organisateur d’événements esport au monde pendant des années — il apporte une expertise business et esport massive au projet. Le lien avec l’esport business français est direct : Game One pourrait devenir un vecteur de diffusion pour les compétitions organisées en France, y compris celles de N.E.O.
L’esport business en France : un marché en pleine mutation
Tous ces mouvements s’inscrivent dans un contexte plus large. Le marché mondial de l’esport représente désormais plus de 15 milliards de dollars. La France occupe une position de premier plan en Europe :
- Chiffre d’affaires esport français en hausse de 180% entre 2019 et 2022, dépassant les 140 millions d’euros
- Plus de 11,8 millions de Français s’identifient comme passionnés d’esport
- Paris devient un hub esport majeur en 2026 (Six Invitational, Call of Duty League, EVO France…)
La structuration passe aussi par des événements internationaux accueillis en France. En plus de l’EVO à Nice, Paris a hébergé le Six Invitational (Rainbow Six Siege) à l’Adidas Aréna en février. La Call of Duty League s’installera aussi à Paris pour une étape majeure. Pour un guide complet de l’esport et de son écosystème, consultez notre rubrique dédiée.
Ce que ça change pour l’avenir
Trois tendances de fond se dessinent :
1. La professionnalisation s’accélère. Avec N.E.O., l’UFCEP et les clubs structurés, l’esport français passe d’un écosystème artisanal à une industrie avec des acteurs identifiés, des droits médias et des revenus récurrents.
2. La gouvernance reste le point faible. Le fiasco des candidatures pour l’ENC le montre : la France n’a toujours pas résolu la question de « qui représente l’esport français ». France Esports, l’UFCEP, le Ministère des Sports — personne ne s’accorde. Tant que cette question ne sera pas tranchée, la France risque de sous-performer sur la scène internationale par rapport à son potentiel.
3. Le média esport se réinvente. Le retour de Game One par David Neichel, la création de N.E.O. qui gère la distribution média de l’ENC — le modèle économique de l’esport évolue vers un écosystème intégré : compétitions + diffusion + contenus.
FAQ — Esports Nations Cup et esport business en France
Qu’est-ce que l’Esports Nations Cup ?
L’Esports Nations Cup (ENC) est une compétition internationale d’esport réunissant environ 120 nations sur 16 jeux. Elle se tiendra à Riyad (Arabie Saoudite) du 2 au 29 novembre 2026, organisée par l’Esports World Cup Foundation.
Qui représentera la France à l’ENC 2026 ?
Suite au retrait de l’UFCEP le 19 mars 2026, France Esports est en position de représenter la France. Le comité d’organisation doit encore rendre son verdict officiel. Les joueurs français des grands clubs pourront participer quel que soit l’organisme désigné.
Pourquoi l’UFCEP s’est-elle retirée ?
L’UFCEP a évoqué un désaccord sur les modalités de sélection et la gouvernance du projet. Les clubs professionnels (Karmine Corp, Vitality, Gentle Mates) voulaient un contrôle total sur la gestion sportive, ce qui n’a pas été possible dans le cadre proposé.
Game One revient-il vraiment ?
Oui. David Neichel (ancien PDG d’ESL Gaming) pilote un projet de reprise avec des investisseurs français. Le retour est prévu pour septembre 2026, avec les équipes historiques et une diffusion multiplateforme. Le nom pourrait changer car Paramount détient toujours la marque.
Qu’est-ce que N.E.O. ?
N.E.O. (New Esports Org) est une société créée par Bertrand Amar et Matthieu Dallon, dédiée à l’organisation et la promotion de compétitions esport en Europe. Elle organise notamment EVO France, les EMEA Masters LoL, et gère la distribution média de l’Esports Nations Cup.
Quels sont les prochains événements esport en France en 2026 ?
Paris et la France accueillent plusieurs événements majeurs : le Six Invitational (février, Adidas Aréna), une étape de la Call of Duty League, et EVO France à Nice (9-11 octobre). Consultez notre guide esport pour le calendrier complet.
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